Justice
Affaire Vally Amisi : Mukena Mwepu Benie affirme avoir agi « sur instruction »
Affaire Vally Amisi : Mukena Mwepu Benie affirme avoir agi « sur instruction »
Le 2 août 2026, l'affaire du meurtre de l'entrepreneur sportif Vally Amisi a connu un développement majeur avec l'annonce de l'interpellation à Brazzaville de Mukena Mwepu Benie, un suspect activement recherché. L'arrestation, fruit d'une coopération judiciaire entre la République du Congo et la République démocratique du Congo, a été confirmée par le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa. Ce qui aurait pu être un simple coup de filet s'est transformé en un rebondissement spectaculaire avec la diffusion d'une vidéo où Mukena Mwepu Benie déclare avoir agi « sur instruction », jetant une lumière crue sur les zones d'ombre de cette affaire qui secoue Kinshasa depuis plusieurs mois.
L'interpellation et la déclaration choc
L'annonce de l'arrestation de Mukena Mwepu Benie est intervenue un dimanche, les autorités congolaises de Brazzaville ayant procédé à son interpellation. Le ministère de la Justice de la RDC a précisé que cette opération s'inscrivait dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après le décès de Vally Amisi, survenu le 9 avril. Les formalités administratives et judiciaires pour le transfèrement du suspect vers Kinshasa sont en cours, dans le respect des accords de coopération et des droits de la défense. Cette étape cruciale a été rapidement éclipsée par la circulation d'une vidéo présentée comme l'interrogatoire du suspect. Dans cette séquence, un homme vêtu de noir, identifié comme Mukena Mwepu Benie, affirme avoir reçu une arme « dont il ne connaît pas la marque » et déclare : « On m'avait juste donné ça. » Plus troublant encore, il ajoute : « Je l'ai tué. Il n'était pas enterré. Les gens sont venus et ont pris le corps », avant de confirmer avoir agi « sur instruction ». Ces déclarations, si elles sont authentifiées, transforment radicalement la perception de l'affaire, passant d'un meurtre isolé à une possible exécution commanditée, comme l'a rapporté.
Le contexte de l'affaire Vally Amisi
Le meurtre de Vally Amisi avait suscité une vive émotion en République démocratique du Congo. Entrepreneur sportif et vice-président du club Nouvelle Vie Bomoko FC, Amisi avait été retrouvé sans vie le 10 avril dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Il était alors en déplacement dans la capitale congolaise, lui qui était habituellement installé en Afrique du Sud. Initialement, la piste d'un enlèvement par une bande armée avait été évoquée, mais les autorités avaient rapidement écarté cette hypothèse. Les enquêteurs s'étaient alors orientés vers un proche de la victime, apparu sur des images de vidéosurveillance aux côtés de Vally Amisi peu avant sa mort. Plusieurs arrestations avaient déjà eu lieu dans le cadre de l'enquête, mais Mukena Mwepu Benie était resté introuvable pendant plusieurs mois, faisant l'objet d'un avis de recherche international. Son arrestation en Afrique du Sud, puis son transfert à Brazzaville, marquent une avancée significative dans l'élucidation des faits. La nature des déclarations du suspect, cependant, complexifie l'enquête en y introduisant la dimension d'une possible chaîne de commandement.
La procédure et les enjeux juridiques
L'affaire Vally Amisi est désormais placée sous le signe de l'information judiciaire, avec la possibilité de « diverses qualifications juridiques » que les juridictions compétentes devront déterminer. Le ministère de la Justice a rappelé que Mukena Mwepu Benie bénéficie de la présomption d'innocence et que seule une décision définitive de justice pourra établir sa responsabilité pénale. Le transfèrement du suspect vers Kinshasa est une étape cruciale pour la suite de l'enquête. Une fois en RDC, il sera confronté aux éléments recueillis par les enquêteurs et devra s'expliquer devant la justice congolaise. La vidéo de l'interrogatoire, bien que largement diffusée, devra être validée comme preuve et son contenu corroboré par d'autres éléments. La question de l'identité des « gens » mentionnés par Mukena Mwepu Benie, et surtout de la personne ayant donné les « instructions », sera au cœur des investigations. Il a d'ailleurs exprimé des craintes pour sa famille à Kinshasa, ce qui pourrait expliquer sa réticence à nommer des noms.
Les acteurs concernés et les ramifications de l'affaire
L'affaire Vally Amisi implique plusieurs acteurs et institutions. Au premier plan, le ministère de la Justice de la RDC, dirigé par Guillaume Ngefa, qui a communiqué sur l'arrestation et la coopération judiciaire. Les autorités de la République du Congo ont également joué un rôle déterminant en procédant à l'interpellation du suspect. Au-delà des instances étatiques, les familles des victimes et l'opinion publique congolaise sont des parties prenantes importantes, attendant des réponses claires et une justice impartiale. L'entrepreneur Vally Amisi, par son statut de vice-président de club sportif, était une figure connue, ce qui a amplifié l'écho de son assassinat. Les déclarations de Mukena Mwepu Benie, évoquant des instructions, suggèrent l'implication potentielle de personnalités plus influentes, un « haut cadre du pays ». Cette dimension politique ou d'influence pourrait donner à l'affaire une portée bien plus large, avec des ramifications potentiellement complexes à démêler pour la justice. L'enquête devra déterminer si ces allégations sont fondées et identifier les éventuels commanditaires.
Les implications concrètes de ces révélations
Les affirmations de Mukena Mwepu Benie, si elles sont avérées, changent la donne de manière significative. Elles transforment l'affaire d'un meurtre en une potentielle affaire criminelle organisée, voire politique. Cela pourrait entraîner des enquêtes plus approfondies, non seulement sur l'exécutant, mais aussi sur les donneurs d'ordre et leur mobile. La coopération judiciaire internationale sera d'autant plus essentielle si les commanditaires présumés se trouvent hors des frontières congolaises. La crédibilité de la justice congolaise est également en jeu, car elle devra démontrer sa capacité à élucider cette affaire complexe, sans céder aux pressions éventuelles. L'opinion publique, déjà très attentive, attendra des autorités qu'elles fassent toute la lumière sur ce qui s'est réellement passé et qu'elles traduisent en justice tous les responsables, quel que soit leur statut. La transparence de la procédure et la protection des témoins et des familles seront des éléments clés pour garantir la confiance du public dans le processus judiciaire. L' arrestation de Mukena Mwepu Benie en Afrique du Sud et son transfèrement sont un premier pas, mais le chemin vers la vérité complète s'annonce encore long et semé d'embûches.
Aussi de LEGALI