Justice
Denise Dusauchoy arrêtée en Tanzanie : le gouvernement salue la coopération des autorités tanzaniennes et rappelle qu’elle bénéficie de la présomption d’innocence
Denise Dusauchoy arrêtée en Tanzanie : le gouvernement salue la coopération des autorités tanzaniennes et rappelle qu’elle bénéficie de la présomption d’innocence
Le 30 août 2026, Denise Mukendi Dusauchoy, une personnalité connue pour son activité sur les réseaux sociaux, a été interpellée en Tanzanie. Cette arrestation, menée par les autorités tanzaniennes, fait suite à l'exécution d'un mandat d'arrêt délivré par les instances judiciaires de la République démocratique du Congo. L'annonce a été faite par le ministère d'État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux de la RDC, qui a souligné l'efficacité des mécanismes de coopération judiciaire internationale ayant conduit à cette opération.
Une interpellation fruit de la coopération judiciaire
L'arrestation de Denise Dusauchoy en Tanzanie est le résultat de démarches engagées par les autorités judiciaires congolaises dans le cadre de plusieurs dossiers pénaux en cours d'instruction. Le ministère de la Justice de la RDC a précisé que cette mesure s'inscrit dans un processus entamé dès 2025. À cette période, le procureur général près la Cour de cassation avait adressé trois commissions rogatoires internationales aux autorités judiciaires belges. Ces requêtes concernaient des enquêtes ouvertes au parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe, impliquant Mme Dusauchoy et d'autres individus. Des mandats d'arrêt internationaux avaient également été émis dans le cadre de ces procédures, démontrant la volonté de la RDC de poursuivre ces affaires au-delà de ses frontières.
Le gouvernement congolais, par la voix de son ministère de la Justice, a exprimé sa satisfaction quant à la collaboration avec la Tanzanie. Il a salué « la qualité et l’efficacité de la coopération » entre les autorités compétentes des deux pays, qui a permis l'exécution de cette mesure judiciaire dans le respect des procédures applicables. Cette reconnaissance souligne l'importance des accords bilatéraux et multilatéraux en matière d'entraide judiciaire pour la lutte contre l'impunité et la promotion de la justice transfrontalière. Kinshasa a également exprimé sa reconnaissance aux autorités tanzaniennes pour leur « collaboration diligente » et réaffirmé sa volonté de renforcer la coopération judiciaire internationale, notamment dans la lutte contre l’impunité et en faveur de l’effectivité de la justice.
Le contexte des procédures judiciaires antérieures
L'histoire judiciaire de Denise Dusauchoy n'est pas nouvelle. Bien avant cette récente interpellation, elle avait déjà été confrontée à la justice congolaise. En décembre 2024, le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema l'avait condamnée à trois ans de prison. Les charges retenues contre elle incluaient des accusations de faux bruits, de faux en écriture et d'injures publiques. Ces faits visaient notamment l'opposant politique Jacky Ndala et les services de renseignement congolais. Cette condamnation avait marqué un précédent dans le traitement des affaires impliquant des personnalités des réseaux sociaux en RDC.
Cependant, en mars 2025, soit près d' un an après sa condamnation, Denise Mukendi Dusauchoy avait bénéficié d'une libération conditionnelle. Cette décision avait été ordonnée par le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de l'époque, Constant Mutamba. Elle avait alors quitté le pays, mais son activité sur les réseaux sociaux n'avait pas cessé. Depuis l'étranger, elle s'était distinguée par des critiques acerbes envers les dirigeants congolais, notamment le président Félix Tshisekedi et son épouse. Ses propos virulents, injures et attaques ciblaient plusieurs responsables politiques de l'administration, ce qui a pu alimenter de nouvelles procédures à son encontre.
La portée de la présomption d'innocence
Malgré l'arrestation et les antécédents judiciaires de Denise Dusauchoy, le ministère de la Justice congolais a tenu à rappeler un principe fondamental du droit : la présomption d'innocence. Dans son communiqué, il est clairement stipulé que « l’arrestation de Mme Denise Dusauchoy constitue un acte de procédure judiciaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité ». Ce rappel est crucial, car il garantit que l'intéressée bénéficiera d'un procès équitable et que sa culpabilité ne sera établie qu'après une décision judiciaire définitive, rendue par les juridictions compétentes.
Cette précision est d'autant plus importante que l'affaire suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux, où Denise Dusauchoy a acquis une certaine notoriété. Les autorités judiciaires congolaises ont affirmé que la suite de la procédure se déroulera dans le strict respect des droits de la défense et des dispositions légales en vigueur. Aucune information supplémentaire n'a été communiquée à ce stade concernant les faits précis visés par les enquêtes actuelles, ni les modalités d'une éventuelle extradition ou d'un transfert vers la RDC. Le respect de ces principes est essentiel pour la crédibilité du système judiciaire et la protection des droits individuels.
Implication pour la régulation du numérique en RDC
L'arrestation de Denise Dusauchoy intervient dans un contexte où le gouvernement congolais cherche à intensifier l'encadrement du secteur numérique. Il vise également à promouvoir une utilisation plus responsable des réseaux sociaux. La prolifération de contenus jugés diffamatoires, injurieux ou de nature à semer le trouble sur les plateformes numériques a conduit les autorités à envisager des mesures plus strictes. Cette affaire pourrait servir de catalyseur pour l'application de nouvelles réglementations ou le renforcement des lois existantes en matière de cybercriminalité et de liberté d'expression en ligne.
L'affaire Dusauchoy met en lumière les défis auxquels sont confrontés les États face à l'essor des réseaux sociaux et à la circulation rapide de l'information. Elle pose la question de l'équilibre entre la liberté d'expression et la nécessité de maintenir l'ordre public et de protéger l'honneur des personnes. La coopération judiciaire internationale, comme celle observée entre la RDC et la Tanzanie dans ce cas, devient un outil indispensable pour les États qui cherchent à faire respecter leurs lois nationales, même lorsque les auteurs de faits reprochés se trouvent à l'étranger. La procédure à venir devrait donc être suivie avec attention, non seulement pour ses implications juridiques directes, mais aussi pour son rôle potentiel dans la définition des cadres réglementaires du numérique en RDC.
Aussi de LEGALI