Mines
Mwenga : la Justice lance une enquête sur l'exploitation illicite des ressources minières
Le ministre de la Justice a ordonné l'ouverture d'enquêtes sur l'exploitation illégale des minerais à Mwenga, suite aux alertes du député Trésor Lutala sur des complicités civiles et militaires favorisant ces pratiques.
Les autorités judiciaires ont lancé une enquête sur l'exploitation illicite des ressources minières à Mwenga, dans la province du Sud-Kivu. Cette démarche fait suite à une alerte du député national Trésor Lutala Mutiki, qui a rencontré le ministre d'État, ministre de la Justice Guillaume Ngefa, pour dénoncer ces pratiques privant les populations locales des bénéfices économiques.
Le député, membre du groupe parlementaire Alternative divine et de la Commission Environnement, a pointé l'exploitation illégale des minerais dans les zones de Kamituga et Lugushwa. Il a évoqué la présence de sociétés, dont certaines de droit chinois, opérant hors du cadre légal avec la complicité d'autorités civiles et militaires. Il a également souligné l'absence de traçabilité et la protection dont bénéficieraient ces activités de la part de certains éléments des forces de sécurité, appelant à l'identification et à la sanction des responsables.
En réponse, le ministre de la Justice a ordonné des enquêtes approfondies. Il a demandé à ses services de préparer les actes nécessaires pour que les parquets et juridictions compétentes ouvrent des investigations sur les sociétés concernées et les complicités éventuelles. L'objectif est de faire toute la lumière sur ce dossier stratégique et de garantir que les richesses minières profitent aux populations de Mwenga.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 juillet 2026, où le président Félix Tshisekedi a ordonné la fin de la militarisation illégale des sites miniers et le démantèlement des réseaux de fraude. Il a également demandé des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces pratiques, dans un contexte où l'exploitation illicite alimente les conflits armés dans l'est de la RDC.
Sur le plan international, la RDC, présidente du Conseil de sécurité des Nations unies en juillet 2026, a organisé une réunion en formule Arria pour évaluer les lacunes du cadre normatif international sur les ressources naturelles et la paix. Par l'intermédiaire de la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, le pays plaide pour une meilleure gouvernance internationale afin d'empêcher que les ressources naturelles ne nourrissent les conflits armés. Une nouvelle réunion de haut niveau est prévue aux Nations unies le 22 juillet 2026 pour poursuivre ces efforts.
Ces mesures témoignent d'une volonté conjointe nationale et internationale de renforcer la gouvernance des ressources naturelles en RDC et de sécuriser les zones minières, afin de garantir un développement durable et la paix dans la région.
Pour plus de détails, le ministre a annoncé la mesure lors d'une audience avec le député Trésor Lutala.
Textes cités
décisions du Conseil des ministres du 10 juillet 2026